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On entend souvent dire, à propos des émotions : »J’ai le droit d’être en colère, j’ai le droit d’avoir peur, d’être triste … » La question du droit se pose-t-elle lorsqu’il s’agit d’émotion ?  Il est vrai que ces émotions peuvent susciter des réactions excessives ou bien des réactions mal reçues par l’entourage. A-t-on le droit de pleurer, de hurler de colère ou de peur ?  Il est vrai que nous avons vite fait de juger les réactions émotionnelles suivant des critères culturels, d’éducation ou simplement à titre personnel. C’est du reste ce qui fait que certaines personnes ne s’autorisent pas à réagir et repoussent leurs émotions. Cependant,  poser la question du droit de ressentir est une fausse question, car l’émotion est une réaction intérieure spontanée, instinctive,  qui fait écho à un stimulus extérieur ; une parole, un événement, un comportement, qui produit en nous un effet particulier. Joie, colère, tristesse, peur … L’intensité de ce qui est ressenti est variable selon les circonstances et les personnes. Deux personnes peuvent réagir différemment à un même événement. Ce qui est ressenti est une réalité intérieure et une information. Vécue avec plus ou moins de conscience, l’émotion et la manière dont elle se manifeste est influencée par le présent et plus ou moins colorée des joies, traumatismes et blessures du passé. Vécue librement intérieurement, elle est une source d’information ; Au contraire, l’émotion réprimée ou refoulée peut générer des réactions inadaptées et pire, des névroses.

Ressentir une émotion n’est pas un droit, c’est un fait :

La question donc n’est pas de savoir si nous avons le droit d’éprouver telle ou telle émotion, mais la question peut se poser de savoir quoi faire de ce qui se manifeste intérieurement, en particulier lorsque ce ressenti est désagréable. Il semble que communément, l’idée du droit  de ressentir se soit substitué au droit de réagir et d’exprimer. Et c’est là que si on pose la question du droit, se pose la  non seulement celle de la liberté de répondre mais aussi du comment répondre. On constate au cours de l’analyse que bon nombre de personnes n’osent pas réagir par sentiment de culpabilité, celle de transgresser un interdit, ou bien par peur de déclencher un conflit. Le risque, dans le cas ou l’émotion est réprimée et ceci de manière répétitive, est qu’elle se fixe sur une partie du corps et génère des symptômes physiques. De la même façon, le refoulement engendre des troubles psychiques comme la dépression, un manque de confiance qui envahit la personnalité, l’angoisse, la peur, et une sensibilité accrue fragilisante …ou bien de la froideur.

L’objectif de la psychothérapie est de vous aider, au fil des séances à repérer et identifier les émotions qui surgissent, les accepter comme une réalité intérieure, puis  les analyser, les comprendre dans tous les aspects conscients et inconscients en relation avec votre histoire personnelle et familiale, et peu à peu élaborer une nouvelle position existentielle. Ces émotions peuvent également être revécues au cours d’une séance d’hypnose, quelle que soit la technique utilisée, Hypnose Ericksonienne ou Hypnose Humaniste.

Identifier notre ressenti est un  pas vers la conscience de soi :

Quelles que soient les circonstances, il est toujours sain de laisser venir à sa conscience l’émotion ressentie. Identifier notre émotion, notre ressenti est un premier pas vers la conscience de soi et la liberté intérieure. Réprimer une émotion, la refouler, est le meilleur moyen de nous affaiblir psychiquement et physiquement. La colère en soi n’a rien de critiquable, car elle est simplement la manifestation d’une frustration, laquelle a pu être produite par une injustice, une blessure d’amour propre, une peur … et pouvoir vivre cette colère dans la conscience de ce qui est présent, sans confusion avec les blessures du passé, permet d’avoir une réaction ajustée. Au cours de la psychothérapie, l’émotion présente est une source d’information qui ouvre le champ de l’inconscient aux émotions refoulées.

Il est intéressant d’interroger l’émotion qui surgit, surtout lorsqu’elle est désagréable, inconfortable à vivre. Cette émotion est un repère utile pourvu que nous soyons capables de nous servir de ce qu’elle nous dit de nous-même.  L’interroger permet une conscience de soi. C’est la raison pour laquelle aucune émotion ne peut être jugée. L’émotion est un vécu intérieur. L’émotion peut aussi être interrogée au cours d’une séance d’Hypnose, quelle que soit la technique utilisée, Hypnose Ericksonienne ou Hypnose Humaniste.

Se reconnaître comme sujet c’est être conscient de ce vécu. L’accepter comme réalité interne et activer une réaction adaptée est souhaitable. Dans le cadre de la psychothérapie, c’est poser les bases du changement. Si je suis conscient que je suis souvent en colère et que celle-ci engendre de ma part des réactions déplacées ou excessives, poser la question du droit à ressentir cette colère est une fausse question qui ne me permet pas de progresser.

Au contraire, si j’interroge cette colère admise comme réalité désagréable, je pose les bases du changement.

L’existence de ce que je ressens ne peut se poser en terme de droit, mais en terme de réalité, en terme de fait. Le droit est une autre question qui pose la question de l’autre et de l’usage que je fais de ce ressenti dans ma relation aux autres et au monde.

Si je refuse ou ne suis pas capable d’identifier ce que je ressens, je ne peux m’appuyer sur rien de vrai. A l’inverse, vivre au plus près de mes ressentis, les assumer, et si nécessaire, les interroger pour mieux les analyser, c’est cheminer vers la conscience de soi et l’équilibre intérieur. Il est nécessaire pour cela de prendre le temps d’élaborer un raisonnement qui donne naissance à une réaction appropriée. C’est chercher à  vivre ce qui est juste,  dans le respect de soi et des autres.

C’est un chemin parfois long, un véritable voyage exploratoire dans l’inconscient, un voyage passionnant néanmoins qui conduit à la guérison.

En tant qu’adultes, nous avons la responsabilité de ne pas faire peser sur notre entourage ce qui nous encombre, nos inconforts internes, ce qui trouble notre équilibre. De notre bien-être dépend celui de ceux qui nous entourent.